A Lille

Rassemblement à 14h30 devant le tribunal, pas un monde fou au départ, très peu de flics d’ailleurs, mais quand on a démarré, les rangs avaient grossi un peu : tous les gens des APU avec beaucoup de familles essentiellement africaines me semble-t-il, les associations et groupes signataires pas tous très visibles, sauf le Dal, Dal de Liège ( au moins 17) quelques membres du RéSEL, Verts, PC,CNT, Europ écologie qui distribuait des tracts….(Le Dal se constituait des bénévoles habituels en assez grand nombre, mais pas assez de familles en difficulté).
Les familles ont été bien mises en avant, leurs problèmes bien énoncés, par plusieurs personnes des APU. La situation gravissime du logement en France très bien exposée, rapide, synthétique, rigoureuse et « calmement» violente.
Départ vers la préfecture très bien organisé, les familles en tête, avec banderoles simples : Arrêt définitif des expulsions de locataires…J’y suis, j’y reste. Le dal fermait la marche.
Le trajet inhabituel (peut-être dû à l’interdiction des rues à circulation et de la rue nationale ?) a permis de passer quand même par :
1) la Grand place : devant la banderole du dal de Liège, un homme a crié « allez manifester chez vous» !!! La réponse a fusé : « vive la solidarité, vive la Belgique, vive l’Europe!!»
2) les rues piétonnes (Neuve et Béthune) ce qui, contrairement aux craintes des manifestants, a été positif : les « consommateurs du samedi» n’avaient visiblement pas l’habitude d’être confrontés à des manifs, ce qui, visiblement les a surpris, rendus attentifs, intéressés, et réceptifs, à part les indécrottables réacs dont on n’a plus rien à foutre : des jeunes souriants qui nous écoutaient individuellement car nous n’avions malheureusement pas de tracts « expulsion» à distribuer.
Fort heureusement, le groupe Dal Liège était très chaleureux, collectif, créatifs et nous avons entonné grâce à leurs papiers deux chants détournés excellents :
- La ballade des expulsés, nous on est capables de tout, paroles de Dany sur l’air de La balade des gens heureux de Lenorman ! (8 couplets)
Pas question de nous faire expulser
Si sont pas foutus de nous reloger
Si on tient pas compte de nous
Nous, on est capables de tout !
Si on tient pas compte de nous,
Nous on est capables de tout
Marre du fric et de sa politique
C’est toujours les petits qu’on nique
Si on tient pas compte…etc…]
Le pognon d’abord, (5 couplets) paroles de Ph Tombal d’après Les copains d’abord de Brassens
Au moindre coup de Trafalgar
La sécu volait au placard
On préférait soigner l’décor
Soigner le décor
Et si tu étais en détresse
Et qu’tu lançais un SOS
On attendais que tu sois mort
Le pognon d’abord
3) Dernière étape, TRES émouvante, face à la préfecture : à nouveau les familles devant, derrière leur banderole, face à toute une rangée de flics très jeunes, immobiles .Cette confrontation était très forte car calme et déterminée et on avait même l’impression, ou le désir, que ces jeunes flics comprenaient cette souffrance et cette angoisse effrayante ressentie par des parents très dignes et courageux. Slogans criés par une femme ou un homme des familles et repris par tout le monde, pour finir par « NON NON PAS D’EXPULSION !! NON NON PAS DE POLICE!!»
Les trois étapes de cette manif avaient chacune leur force :
1) les deux actions immobiles, sur place, avec moins de « spectateurs» , mais très humaines, plus personnelles donc plus émouvantes et graves, qui opposaient des familles avec de nombreux enfants, à des policiers et à deux lieux « de l’Etat» tristement symboliques par ces temps délétères et inquiétants.
2) et l’autre, plus festive, moins grave, voulant surtout interpeler et rappeler la situation à des gens qui ne veulent plus la voir, mais qui ont écouté sinon entendu…
Les APU lilloises manifestent aujourd’hui contre la reprise des expulsions locatives
En matière de logement, l’hiver se termine le 15 mars. Dès le lendemain …
, les expulsions locatives seront de nouveau autorisées. Pour les Ateliers populaires d’urbanisme (APU), qui militent depuis 1979 aux côtés des plus défavorisés, c’est l’occasion de dénoncer à nouveau cette forme d’exclusion. Ce samedi, les trois APU lilloises (Vieux-Lille, Wazemmes et Moulins) organisent, avec le soutien de plusieurs autres associations militantes, comme le DAL, et syndicales, leur manifestation habituelle.
Elle partira à 14 h 30 du palais de justice pour se rendre à la préfecture où le préfet se fait, cette année, beaucoup prier pour communiquer les chiffres du nombre d’expulsés 2009. « Ça fait un mois que nous faisons le forcing pour les obtenir, mais c’est un refus catégorique », dénonce Gauthier Ragonnet, de l’Atelier du Vieux-Lille. Les élections régionales ? C’est manifeste. « La responsable du service assure que les chiffres seront communiqués fin mars ou début avril. »
Expulsions en hausse
On peut comprendre ce refus finalement très politique. Depuis plusieurs années, en effet, le nombre de personnes expulsées de leur logement est en croissance. En 2008, rien qu’à Lille, 2 662 locataires en difficulté ont été assignés devant le tribunal. Celui-ci a ordonné 1 139 commandements à quitter les lieux contre 1 099 l’année précédente. « Il y a eu aussi 158 demandes de la force publique, 138 ont été accordées », rappelle Gauthier Ragonnet. Petite info préfectorale : ces recours à la police seraient en baisse. La conséquence positive de la loi sur le droit au logement opposable (la loi Dalo).
Pour le reste, l’actualité hivernale de l’APU s’est focalisée sur le cas de cette mère de famille fivoise, qui s’est retrouvée à la porte de son appartement après le passage d’un huissier. Celui-ci a fait changer les serrures après avoir constaté un très présumé état d’abandon des lieux. Légal ? Illégal ? « C’est une hypocrisie manifeste, toutes les affaires de cette dame, ses vêtements notamment, étaient dans le logement », avait dénoncé l’APU. Pour le moment, la seule victime recensée de l’hiver est hébergée dans un foyer. Le 27 mars, elle doit emménager dans un appartement. « Mais ce n’est qu’une solution provisoire », conclut Gauthier Ragonnet. •
Vdn
Fin de la trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent reprendre dès mardi
Après quatre mois et demi de trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent reprendre dans toute la France à partir de mardi 6 h.
Inquiètes, les associations d’aide aux plus démunis rappellent que quelque 100 000 résiliations de bail sont prononcées chaque année par les tribunaux. Elles demandent un moratoire au gouvernement, surtout dans le contexte actuel de crise.
Le comité de suivi de la loi sur le Droit au logement opposable (DALO), qui regroupe associations et parlementaires, a réclamé vendredi l’arrêt des expulsions des personnes ayant déposé un recours dans le cadre de cette loi et considérées comme prioritaires, tant qu’une proposition de relogement ne leur a pas été faite.
« Nous ne souhaitons pas de moratoire car c’est un très mauvais message adressé aux propriétaires, considère le secrétaire d’État au Logement Benoist Apparu. Nous craignons qu’il y ait des propriétaires, publics comme privés, qui ne veuillent plus prendre aucun ménage modeste et qu’il y ait un petit risque d’effet d’aubaine de gens qui ne paieront plus leur loyer. » Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de ménages en difficulté menacés d’expulsion bénéficient de quatre mois et demi de répit avec la suspension des expulsions durant les mois les plus froids, entre le 1er novembre et le 15 mars inclus. Seuls les squatte urs entrés par effraction dans les locaux qu’ils occupent, les ménages dont le relogement est assuré ou les occupants d’immeubles visés par un arrêté de péril ne sont pas concernés par cette disposition.
À la veille de cette échéance, plusieurs dizaines d’associations avaient appelé à manifester hier, comme tous les ans, dans plusieurs villes, dont Paris (lire ci-dessous), pour exiger l’arrêt des expulsions.
Ces associations d’aide aux plus démunis estiment que les dépenses des ménages consacrées au logement atteignent un record historique, avec en moyenne 25 % du budget par ménage, chiffre qui atteint 40 % pour les plus modestes.
« Plus de 105 000 ménages ont vu leur bail locatif résilié par une décision de justice », s’alarme de son côté la Fondation Abbé-Pierre qui s’appuie sur les chiffres de 2008 du ministère de la Justice. Par ailleurs, le taux d’accord du concours des forces de l’ordre par les préfets pour effectuer les expulsions a bondi de « 84 % en dix ans », précise l’association.
Et pour la fondation, « l’année 2010 risque d’être catastrophique car elle survient dans un contexte de très forte crise économique et sociale dont les conséquences sont malheureusement prévisibles », avec 500 000 ménages déjà en situation d’impayés avant la crise.
vdn
A Paris
Après quatre mois et demi de trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent reprendre dans toute la France à partir de mardi 6h. Inquiètes, les associations d’aide aux plus démunis rappellent que quelque 100.000 résiliations de bail sont prononcées chaque année par les tribunaux, et demandent un moratoire au gouvernement, surtout dans le contexte actuel de crise.
Le comité de suivi de la loi sur le Droit au logement opposable (DALO), qui regroupe associations et parlementaires, a réclamé vendredi l’arrêt des expulsions des personnes ayant déposé un recours dans le cadre de cette loi et considérées comme prioritaires, tant qu’une proposition de relogement ne leur a pas été faite.
Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de ménages en difficulté menacés d’expulsion bénéficient de quatre mois et demi de répit avec la suspension des expulsions durant les mois les plus froids, entre le 1er novembre et le 15 mars inclus.
Seuls les squatters entrés par effraction dans les locaux qu’ils occupent, les ménages dont le relogement est assuré ou les occupants d’immeubles visés par un arrêté de péril ne sont pas concernés par cette disposition.
A la veille de cette échéance, plus dizaines d’associations ont appelé à manifester ce samedi, comme tous les ans, dans plusieurs villes, dont Paris, pour exiger l’arrêt des expulsions.
Dans un communiqué commun, ces associations d’aide aux plus démunis -dont la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs et la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS)- estiment que les dépenses des ménages consacrées au logement « atteignent un record historique» , avec en moyenne 25% du budget par ménage, chiffre qui atteint 40% « pour les plus modestes» .
« Plus de 105.000 ménages ont vu leur bail locatif résilié par une décision de justice» , s’alarme de son côté la Fondation Abbé Pierre qui s’appuie sur les chiffres de 2008 du ministère de la Justice, « soit une progression de 47% sur les dix dernières années» . Par ailleurs, le taux d’accord du concours des forces de l’ordre par les préfets pour effectuer les expulsions a bondi de « 84% en dix ans» , précise l’association.
Et pour la Fondation, « l’année 2010 risque d’être catastrophique car elle survient dans un contexte de très forte crise économique et sociale dont les conséquences sont malheureusement prévisibles» , avec 500.000 ménages déjà en situation d’impayés avant la crise.
« Ces problèmes touchent, au-delà des plus modestes, les classes moyennes elles aussi atteintes par la crise et bien sûr par les ruptures familiales» . La Fondation Abbé Pierre « dénonce la myopie des pouvoirs publics face à l’aggravation de cette situation» , appelant « à une réaction et à des réponses à la hauteur des difficultés» .
La Confédération nationale du logement (CNL) rappelle pour sa part « que plus de 1,4 million de demandeurs attendent un logement social» . Selon elle, les loyers des HLM ont connu une hausse moyenne de 1,97% au 1er janvier dernier.
AP
Manif pour le logement à Paris, contre les effets de la loi Boutin
Forte mobilisation pour la manifestation en faveur du logement ce 13 mars 2010, place de la Bastille à Paris.
De nombreuses organisations (Emmaüs, ReSel, le DAL, les enfants de don quichotte) des représentants de formations politiques du front de gauche, du Parti Communiste, du NPA avec la présence d’olivier Besancenot dans le cortège ainsi que des collectifs de sans papiers se sont réunis portant un message unitaire contre les effets de loi Boutin ainsi que la reprise des expulsions dès la fin de la « trêve hivernale » le 15 mars.
La manifestation, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, dont l’actrice Josiane Balasko, s’est conclue par les témoignages poignants de familles en grande précarité, excusable malgré des parents ou enfants handicapé, malgré des avis favorable du DALO.
La phrase du jour : « j’ai eu un logement grâce au DALO… non j’déconne !
citizenside
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