La précarité énergétique

19/03/2010

Elle est accentuée par le froid

Après un hiver rigoureux, les ménages les plus démunis appréhendent l’arrivée de leur facture d’électricité et de gaz, alors même que la trêve hivernale des expulsions locatives s’achève.

La France a connu cette année un hiver à rallonge, marqué, selon Météo France, par trois vagues de froid exceptionnelles faisant craindre un bond des dépenses d’énergie. Les prix du gaz doivent être aussi prochainement relevés.

Hedi Sghaier a passé l’hiver à souffrir du froid dans sa chambre de bonne, située au 7ème étage d’un immeuble parisien construit dans les années trente.

« Je mets deux pulls, un vieux blouson, deux paires de chaussettes, mais même avec ça parfois j’ai froid alors je mets du journal dans mes chaussures» , explique ce retraité de 75 ans, ancien chef de dépôts dans le milieu de la décoration.

Hedi Sghaier qui touche une retraite équivalente au SMIC habite dans le centre de Paris, dans une seule pièce, mal isolée où trois fenêtres laissent passer le vent.

« Quand il gèle, je mets mon chauffage un peu plus fort mais cela fait tripler les frais» , dit-il.

Ben, 50 ans, qui habite au rez-de-chaussée d’un immeuble du 19ème arrondissement de Paris, redoute lui aussi l’arrivée de sa note de chauffage à la fin de l’hiver.

« Quand je vois ma facture arriver, c’est l’angoisse, j’ai une boule au niveau du ventre» , dit Ben qui touche 950 euros par mois de pension d’invalidité et se déplace en fauteuil roulant.

Sa propriétaire n’a pas, selon lui, procédé aux travaux de mises aux normes de son installation au gaz, le forçant depuis trois ans à se chauffer à l’électricité. Sa facture bimestrielle est depuis passée de 90 à 250 euros.

Hedi Sghaier et Ben font partie des 3,4 millions de ménages qui vivent en France en situation dite de « précarité énergétique»  car ils consacrent plus de 10% de leur revenu à leur facture d’énergie contre une moyenne nationale de 5,5%.

FONDS D’AIDE

Bertrand Lapostolet de la fondation Abbé Pierre et co-auteur d’un rapport sur la précarité énergétique, juge ce chiffre en dessous de la réalité.

« Si nous ajoutons la population qui se restreint et a froid, on arrive à peu près à 4 millions de foyers» , estime-t-il.

Ce rapport présenté par Philippe Pelletier au gouvernement en janvier propose un plan national de lutte contre la précarité énergétique de 4 milliards d’euros d’ici 2020.

Suite à ce rapport, le gouvernement a annoncé un programme accéléré avec la création d’un fonds de 1,25 milliard d’euros à la rénovation thermique de 300.000 logements privés d’ici à 2017, afin de réaliser des économies d’énergie de 25 à 30%.

Le montant de l’aide représente seulement un peu plus d’un quart des 4 milliards estimés par les auteurs car le gouvernement mise sur les collectivités locales pour compléter les financements.

Par ailleurs, Bertrand Lapostolet estime que ces 300.000 logements correspondent « au noyau dur»  de la précarité et souligne, comme d’autres associations, la nécessité d’agir au niveau local pour assurer une bonne réalisation de ces projets.

Marie Moisan, animatrice du Réseau des Acteurs de la Pauvreté et de la Précarité Énergétique explique qu’il est souvent difficile de repérer les familles en difficulté.

« Les impayés et les coupures sont la facette la plus visible de la précarité énergétique» , dit-elle.

PEUR DES COUPURES

Salimi Camara, qui vit avec sa femme et cinq enfants dans un appartement du 13ème arrondissement de Paris, dit ne pas envoyer ses enfants à la cantine afin de payer ses factures d’énergie.

« L’an dernier, j’ai eu pour 600 euros de facture d’électricité, je suis allé voir une assistante sociale qui m’a aidé, mais je suis souvent à découvert» , explique-t-il.

Si Hedi Sghaier, Ben et Salimi Camara arrivent encore à régler leur facture, c’est au détriment d’autres achats et ils craignent par dessus tout la spirale qui les entrainerait à des impayés, l’endettement puis à la coupure de courant.

« Couper l’électricité c’est souvent la dernière marche avant la rue» , prévient Jean-Michel Mespoulède, vice président de Droit à l’énergie-stop aux coupures.

Cette association de « robins des bois»  de l’énergie, qui regroupe des agents du réseau de distribution d’électricité et de gaz, rebranche bénévolement les familles privées d’énergie.

Interrogé sur le sujet, EDF dit qu’en plus des tarifs de première nécessité, la loi interdit les coupures entre le 15 novembre et le 15 mars pour les ménages ayant bénéficié d’une aide du Fonds de solidarité pour le logement (FSL).

Mais Jean-Michel Mespoulède assure que pour les autres, les coupures continuent en hiver, au rythme d’environ 1.000 foyers par jour.

Selon plusieurs associations, qui avaient organisé samedi des manifestations contre la reprise des expulsions, plus de 105.000 jugements d’expulsion ont été prononcés en 2008 et plus de 11.000 ménages ont été expulsés de leur domicile avec le concours de la force publique.

Reuters

Tous, c- Presse

Roms expulsés …

19/03/2010

Les Roms reçoivent l’ordonnance d’expulsion d’un autre camp !

Mirabella brandit l’ordonnance de référé prise par le tribunal de grande instance de Meaux. Ses yeux trahissent l’incompréhension. « Quelqu’un est venu nous apporter ce papier mardi. Mais aucun des noms qui figurent sur cette liste ne correspond à des gens se trouvant ici », explique la jeune fille. Et pour cause, l’ordonnance fait référence à d’autres personnes expulsables censées être installées à Bussy-Saint-Georges dans la ZAC du Sycomore, alors qu’eux se trouvent dans la ZAC de la Haute-Maison à Champs-sur-Marne.

Mais le pire, c’est que les Roms du camp de Bussy-Saint-Georges disent ne pas se reconnaître non plus sur cette liste (lire ci-dessous). Un sacré méli-mélo semble être intervenu dans les procédures d’expulsion de camps illégaux installés à Marne-la-Vallée.

Installées depuis le 18 février dans le petit bois situé aux portes de la cité Descartes, près de la gare de Noisy-Champs, une dizaine de familles de Roms venues de Roumanie ont construit des cabanes. Le camp de toile abrite une trentaine de personnes avec une majorité d’enfants en bas âge. Le propriétaire du terrain, l’aménageur Epamarne, a fait un référé pour demander leur expulsion. Ensuite, que s’est-il passé ? Personne n’est en mesure d’expliquer d’où vient la confusion. « J’ai envoyé les ordonnances à l’huissier, explique l’avocate, après, je ne peux pas vous en dire plus… »

Partir, mais pour aller où ?

Après avoir vérifié, l’huissier assure que l’erreur ne vient pas de chez lui. « La personne qui a remis l’ordonnance de référé était bien à la bonne adresse », souligne-t-il.

Chose incompréhensible, l’ordonnance de référé pour les Roms de Bussy-Saint-Georges n’a été portée que mercredi après-midi alors que celle destinée aux Roms de Champs (mentionnant des noms et une adresse à Bussy-Saint-Georges) l’a été dès mardi… Au tribunal, on ne comprend pas non plus d’où vient l’erreur.

« Mercredi soir, la police est venue vérifier nos identités, précise Mirabella, et ce matin on nous a apporté ce nouveau document en nous expliquant que nous avons un délai de neuf jours pour quitter les lieux. »

Des patrouilles de police leur rendent régulièrement visite dans le but de les convaincre qu’il serait mieux de lever le camp avant de se faire expulser. Quitter les lieux, soit, mais pour aller où? L’ordonnance de référé stipule bien que la procédure d’expulsion reste valable si dans les deux mois qui suivent les Roms réinstallent un autre camp ailleurs. L’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations chargée de leur proposer une aide au retour au pays n’est pas venue les voir. Mais de toute façon, ils ne veulent pas rentrer en Roumanie. Et aucune association ne les a pris en charge à ce jour.

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Les loyers privés stagnent,

19/03/2010

ceux des HLM grimpent !

Selon deux dernières études concernant le logement, les loyers du privé se sont stabilisés en 2009 alors que ceux des HLM augmentent en 2010.

Les deux dernières études concernant le logement en France sont tout en paradoxe. Alors que les loyers du privé n’ont quasiment pas augmenté en 2009 (+0,1%), ceux des logements HLM grimpent en flèche (2%) en 2010.

La Confédération Nationale du Logement (CNL) vient de rendre son rapport mercredi après une enquête réalisée sur un peu plus de 1,3 million de logements, soit près de 30% du parc.

Près de deux tiers des organismes HLM n’auraient pas respecté la recommandation du gouvernement de ne pas pratiquer des hausses supérieures à 1% en 2010.

Dans cette lignée, le Président de la CNL, Serge Incerti-Formentini, demande pour l’année 2010 un gel des loyers, aussi bien dans le secteur privé que pour les HLM. Au micro de France Info ce mercredi après-midi, il demande un décret auprès du gouvernement et non plus des recommandations. Il dénonce le désengagement financier de l’Etat auprès des organismes qui n’ont pas d’autres moyens que « d’aller chercher de l’argent dans la poche des locataires HLM pour financer les travaux de réhabilitation» .

Stagnation dans le privé
Paradoxalement, les loyers des logements du parc privé, des nouvelles locations et des renouvellements de baux ont cessé d’augmenter en 2009. Une première dans ce secteur, selon l’observatoire Clameur (Connaître les Loyers et Analyser les Marchés sur les Espaces Urbains et Ruraux) qui publie ces chiffres, ce mercredi.

Du jamais vu, pour Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris X Nanterre et auteur de l’étude. L’ explication résiderait dans la situation économique des Français : « la montée du chômage et la dégradation des revenus découragent les ménages dans leur volonté de déménager et pèsent sur les prix» , explique t-il à l’AFP.

Conséquences directes de cette baisse de la mobilité: la colocation qui progresse, des enfants qui restent vivre plus longtemps chez leurs parents, l’hébergement d’un parent même éloigné progresse et enfin, des couples qui vivent sous le même toit même en cas de divorce. Le nombre de sans domicile fixe quant à lui explose.

Des loyers qui baissent dans les grandes villes
A noter tout de même, que cette stagnation intervient après une envolée des loyers depuis le début de la décennie (+4,7% en 2005, +6,7% en 2002) soit une moyenne de 3,0% par an depuis 1998.

Un paradoxe qui joue en faveur des grandes villes puisqu’elles voient leurs loyers baisser au début de l’année 2010. C’est le cas de Neuilly Sur Seine (-6,4%), Nancy (-4,5%), Strasbourg (-3,1%) ou encore Bordeaux (-1,2%). Idem pour la capitale qui connaît une légère accalmie avec une baisse de 0,8%.

A l’inverse les loyers des villes moyennes progressent. Les hausses les plus significatives concernent Clermont-Ferrand, Versailles (+5,9%) et Argenteuil (+5.7%).

Tous, c- Presse

Hébergement : décret

19/03/2010

Le décret d’application des pénalités pour non respect du nombre de places d’hébergement à atteindre par les communes est paru

Depuis le 1er janvier 2010, la loi prévoit que chaque année est effectué un prélèvement sur les ressources fiscales des communes dans lesquelles le nombre de places d’hébergement est inférieur aux obligations mentionnées par le plan d’accueil, d’hébergement et d’insertion des personnes sans domicile, inclus dans le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées.
Les modalités d’application de cette disposition devaient être fixées par un décret en Conseil d’Etat. Ce texte réglementaire a été publié au journal officiel du 13 mars 2010 (décret n° 2010-255 du 11 mars 2010) et complète les dispositions réglementaires du Code de l’action sociale et des familles. Le décret s’applique pour le calcul des prélèvements effectués en 2011 et déterminés à partir des notifications faites par les communes avant le 31 décembre 2010.
Les dispositions législatives inscrites dans le Code de l’action sociale et des familles prévoient que la capacité à atteindre est au minimum d’une place d’hébergement par tranche de 2.000 habitants pour:
- les communes membres d’un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la population est supérieure à 50.000 habitants,
- pour les communes dont la population est au moins égale à 3.500 habitants et qui sont comprises, au sens du recensement général de la population, dans une agglomération de plus de 50.000 habitants comprenant au moins une commune de plus de 15.000 habitants.
Cette capacité est portée à une place par tranche de 1.000 habitants dans les communes ci-dessus et comprises, au sens du recensement général de la population, dans une agglomération de plus de 100.000 habitants.
Pour déterminer le nombre de places d’hébergement à atteindre, le décret prévoit d’une part qu’est « retenu le nombre entier égal ou inférieur au quotient résultant de la division du nombre d’habitants de la commune par 1.000 ou 2.000 selon la taille et la situation de cette commune » et, d’autre part, il explicite le mode de détermination du nombre de places selon la catégorie des logements et leur superficie.
Le prélèvement est égal à deux fois le potentiel fiscal par habitant multiplié par le nombre de places d’hébergement manquantes par rapport aux obligations, sans pouvoir excéder 5 % du montant des dépenses réelles de fonctionnement de la commune.

Pour lire le décret, voir lien ci-dessous.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=DEVA1000806D

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Caravane à Charleroi

18/03/2010

Encore des documents relatifs à la caravane à Charleroi.

Pour plus de détails  dans la page Caravane, rubrique Compte rendu

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Arrêtés anti-expulsion

18/03/2010

Sept maires signent ces arrêtés

Ils ont déclaré leur commune «territoire anti-expulsion locative»…

Qui dit fin de la trêve hivernale, dit début des expulsions. Pour éviter ça, les maires de sept villes de la Seine-Saint-Denis ont signé lundi des arrêtés contre ces expulsions et/ou les coupures d’énergie. «C’est la sixième année que de tels arrêtés sont signés mais c’est la première fois que nous avons décidé de nous retrouver et de signer ensemble», a expliqué à l’AFP Catherine Peyge, maire de Bobigny (PCF).

Les maires de La Courneuve, du Blanc-Mesnil, Saint-Denis, Saint-Ouen, Stains et Villetaneuse ont également signé ces arrêtés «qui déclarent le territoire communal territoire anti-expulsion locative», a-t-elle poursuivi.

Arrêtés contestés l’an dernier

Ils devaient ensuite remettre les arrêtés au préfet. Mais en 2009, ils avaient été contestés par le préfet devant le tribunal administratif, qui les avait cassés, a rappelé la maire de Bobigny. «Des familles arrivent à la mairie la peur au ventre par crainte d’être expulsées ces jours-ci», a assuré Catherine Peyge, estimant que «ces pratiques inhumaines et barbares doivent être abolies». L’Etat, garant du récent droit au logement, «doit prendre ses responsabilités», a-t-elle ajouté.

Chaque année, plus de 100.000 décisions de justice d’expulsion sont prononcées, et plus de 10.000 expulsions sont réalisées avec l’aide de la force publique. Dont certaines touchent des familles reconnues prioritaires par les commissions du droit au logement opposable (Dalo).

Tous, b- Ailleurs

Des familles Roms expulsées

18/03/2010

Expulsées des anciens abattoirs à Rezé

Une centaine de CRS s’est chargée d’exécuter la décision de la préfecture hier

A lire aussi : Les Roms en France, victimes de préjugés, relayés par      Lellouche et Joyandet
<http://www.20minutes.fr/article/387878/A-la-Une-Les-Roms-en-France-victimes-de-prejuges-relayes-par-Lellouche-et-Joyandet.php>

Le maire Gilles Retière (PS) avait évoqué « des problèmes de sécurité publique ». Et réclamé il y a une semaine « une expulsion immédiate ». Hi…

Le maire Gilles Retière (PS) avait évoqué « des problèmes de sécurité publique ». Et réclamé il y a une semaine « une expulsion immédiate ». Hier matin, entre 20 et 25 familles roms ont été délogées des anciens abattoirs de Rezé, un terrain qu’elles occupaient depuis trois mois. « On ne conteste pas l’illégalité de la situation. Mais ces expulsions à répétition ne font que reporter le problème ailleurs », juge Marie Fantobo, de l’association Médecins du monde, laquelle demande depuis plusieurs mois une table ronde avec les institutions. Ces familles roms, pour la plupart, vivent dans l’agglomération depuis plusieurs années. Elles avaient déjà été expulsées des ex-abattoirs.David Prochasson

20 minutes

Tous, c- Presse

Interdire les expulsions ?

18/03/2010

Le Dalo en flagrant délit d’impuissance

La loi de 2007 sur le droit au logement opposable, en vertu de laquelle chaque expulsion est suivie d’une solution d’hébergement, n’est pas respectée. Tollé chez les mal-logés.

Certains scandent leurs slogans, d’autres marchent graves et silencieux avec leurs enfants. Ils étaient près de 12 000 samedi à manifester dans toute la France contre les expulsions locatives selon les organisateurs. L’appel à la mobilisation avait été lancé jeudi dernier par le Réseau Stop aux expulsions (RéSEL), un front inédit d’une soixantaine d’associations et syndicats. Un moratoire anti-expulsions a été présenté au gouvernement.

« Pas de moratoire mais plus de prévention », leur a répondu Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement, soutenant qu’un moratoire « serait un très mauvais signal » envoyé aux propriétaires qui, selon lui, auraient plus de réticences à loger des personnes en difficulté. Cela « restreindrait l’offre de logement », a détaillé le ministre, qui met en concurrence droit à la propriété et droit au logement… Et se déclare « insatisfait » de l’application de l’obligation du droit au logement opposable (Dalo). Il n’est pas le seul. Directement concerné, Didier Kuhana occupe un local de 10 m2 avec sa femme et ses deux filles dans le 3e arrondissement de Paris. Ce trentenaire dénonce la lenteur de la procédure du Dalo : « Un an après avoir déposé le dossier nous ne sommes toujours pas passés en commission, on nous a même demandé de refaire un dossier alors que nous sommes expulsables dès aujourd’hui », enrage-t-il. Autre mal-logée, Ecatérina Szucs est fatiguée des expulsions en chaîne. Elle sera pourtant, avec ses six enfants et pour la sixième fois, sous le coup d’une expulsion de son squat en Seine-Saint-Denis (93) dans les jours à venir. Cette veuve de trente-six ans est en attente de logement depuis le décès de son mari il y a plus de dix ans. Toutes les démarches pour obtenir un logement ont pourtant été faites, relayées par une assistante sociale, sans jamais aboutir, et ceci sans motif apparent. « Je squatte car je ne voulais plus dormir dans la voiture avec les petits », déplore-t-elle.

Chaque année, 100 000 décisions de justice d’expulsion sont prononcées, encouragées par la diminution du fonds d’indemnisation des propriétaires qui « était de 78 millions d’euros en 2005, et qui ne représente plus que 31 millions en 2008 », selon le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert. Et ce chiffre n’est pas à la baisse. La crise du logement va s’accentuer « avec le million de chômeurs en fin de droits », estime Jean-Baptiste Ayraud, président du Droit au logement (DAL). Pour le comité de suivi du Dalo, ces expulsions sont autant de « dysfonctionnements de l’État ». Ce dernier est le garant depuis 2007 du droit au logement et « déloge alors qu’il doit reloger en vertu de la loi ». Le comité a adopté vendredi une motion demandant de mettre fin aux expulsions locatives de personnes prioritaires, pour « pleinement appliquer la loi ».

Benoist Apparu a beau jeu de préciser qu’il ne s’agit pas de « mettre des gens à la rue sans proposer une solution d’hébergement » : « ou ? », interrogent les associations qui rappellent l’engorgement des centres d’hébergement.

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Le logement en crise aiguë

18/03/2010

Quelques chiffres suffisent à prendre la mesure du problème du logement dans la plus riche des régions françaises. Depuis le début des années 1990, le besoin annuel de logements neufs en Ile-de-France est estimé à 60 000, dont un tiers de logements sociaux. Le Schéma directeur d’Ile-de-France (Sdrif), après quatre ans de discussions entre l’Etat et les collectivités territoriales, s’était arrêté sur ce chiffre en 2008, et le gouvernement, dans son projet pour le Grand Paris, a vu plus grand encore en préconisant la construction de 70 000 logements par an.

La réalité est très loin du compte. Comme l’a rappelé le Conseil économique et social régional dans un rapport publié fin janvier, la construction annuelle a chuté de 61 000 logements à 32 000 en Ile-de-France entre 1989 et 2003. Malgré une légère reprise les quatre années suivantes, puis une nouvelle chute causée par la crise, elle plafonne à 35 000 par an. Chaque année, le déficit s’accroît donc d’environ 30 000 unités. S’ajoute à cela une forte tension sur les prix. Entre 2001 et 2008, ils ont augmenté en moyenne de 87 % dans la région, et les loyers du secteur privé de 30 %.

Enfin, conséquence directe de la hausse des loyers et de la difficulté, pour les classes moyennes, à accéder à la propriété, la ruée sur le logement social se poursuit, dans une région où il représente pourtant le quart des résidences principales – contre 17 % en moyenne en France métropolitaine. De 350 000 à 400 000 demandes pour 80 000 attributions annuelles : le fossé est très important, même si l’on considère qu’environ un tiers de ces demandes émane de ménages déjà logés dans le parc social.

En cause : la production insuffisante de logements sociaux, alors que les Franciliens sont de plus en plus nombreux à pouvoir y prétendre, du fait, notamment de la baisse des revenus. Enfin, autre particularité francilienne, une concentration territoriale extrême, puisque la moitié des logements sociaux de la région sont situés dans moins de 10 % des communes.

13,20 euros par habitant

Entre 2004 et 2008, la région a construit à peine 100 000 logements sociaux, soit environ 20 000 par an, la moitié du volume nécessaire. La Fondation Abbé-Pierre, dans son dernier rapport sur le mal logement, cite le cas de la Seine-Saint-Denis, qui a accru chaque année, depuis dix ans, le nombre de ses logements sociaux (1 300 en 2002, 3 400 en 2008) mais dont le parc de 200 000 logements ne suffit plus à accueillir une population de plus en plus pauvre et fragile.

Face à cela, que peut la région ? Le logement ne fait pas partie de ses compétences obligatoires, mais la situation très difficile du logement en Ile-de-France lui impose de mettre la main au pot. La région est même, et de loin, celle qui fournit le plus gros effort : 13,20 euros par habitant en 2009 selon la direction générale des collectivités locales (DGCL), contre 4,80 euros par habitant dans les deux régions les plus comparables : Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’effort est réel, même s’il ne pèse que pour 4 % dans le budget global de la région, et s’il paraît faible, au regard des 83,60 euros par habitant consacrés aux lycées ou aux 91,30 euros alloués aux transports.

Cet effort est toutefois très relatif. Avec 160 millions d’euros pour l’offre nouvelle de logements, en 2010, l’investissement de la région est, par exemple, sans commune mesure avec celui de la seule Ville de Paris qui devrait investir, sur ses ressources propres, 350 millions d’euros dans la construction en 2010. Est-il utile ? « Les aides du conseil régional pour le logement social sont indispensables» , estime le CESR, qui rappelle que l’Etat a baissé de 6 % à 3 % le montant de ses subventions. « La région intervient pour 5 à 10 % dans chaque opération, complète Jean-Luc Laurent, vice-président (MRC) du conseil régional, chargé du logement. Cela permet souvent de boucler les opérations.» 

La région s’est aussi dotée, en 2007, d’un Etablissement public foncier (EPF) grâce auquel elle achète, porte et viabilise des terrains pour le compte des communes. Les blocages, cette fois, ont été politiques : trois départements à majorité de droite, les Hauts-de-Seine, le Val-d’Oise et les Yvelines, ont refusé -et beaucoup retardé- la création de l’EPF, qui a pourtant déjà financé pour 882 millions d’euros de foncier dans une centaine de communes.

le monde

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Le RéSEL à Arras

17/03/2010

Réseau Stop aux Expulsions de Logement

Les empêcheurs d’expulser en rond ont un téléphone à faire sonner en amont des impayés de loyers.

20100312/1923141910494Les expulsions de locataires sans le sous sont une honte nationale qui ne date pas d’hier. Honte pour ceux qui les subissent, honte pour ceux qui les regardent. Un réseau de lutte pour un réel droit à un logement décent et social s’est créé hier au quartier Ouest.

Le bus des mal-logés, des pas-logés, des mange-froid, stationnait hier matin place Verlaine, avant de reprendre son voyage vers Strasbourg. Ils ne sont pas les seuls à en avoir ras la casquette. La maison Marie-Thérèse-Lenoir toute proche concentrait une partie des indignés du logement. La Confédération syndicale des familles les avait invités à se révolter. Contre les lois anciennes qui ne sont pas appliquées. Exemple les communes qui s’exemptent de logements très sociaux. Contre les lois nouvelles

qui donnent plus de pouvoir aux friqués, réduisent les délais d’expulsion, « libèrent » les loyers. Vous en connaissez qui baissent ? Contre les bailleurs sociaux et les huissiers qui font pression sur les gens à sec, même de bonne foi. Ils sont la majorité des expulsés : 95 %. Contre les charges qui ne baissent pas. Contre les marchands de sommeil qui vendent cher l’insalubrité*

Une croisade

Restons groupés, on sera plus forts. Cela n’a pas échappé à une flopée d’associations pas sourdes à l’appel. Elles ont rappelé de lamentables chiffres. Par exemple, les revenus des femmes seules avec enfant(s) : au pire, il reste deux euros par jour pour manger (Thérèse Kabdani, CSF). Le Nord détient le record des logements laissés vacants par des propriétaires qui ne veulent pas d’ennuis (DAL, Droit au logement qui accompagne le bus). La détresse humaine est intolérable pour Alain Pruvot, de la LDH,

qui cite l’âge des morts dans la rue : 48 ans. Ou les migrants réfugiés près des immondices, comparés aux super profits du CAC 40*

La CNL (Confédération nationale du logement) enfonce le clou un peu plus profond en martelant les vilaines réalités nationales : dix millions de locataires mal logés, six cent mille personnes privées de toit. Et les cent mille expulsions qui risquent de se mettre en place après le 15 mars.

« Arrêter la casse »

Plusieurs politiques se sont joints vendredi matin au concert de révolte contre la spéculation et pour l’interdiction des expulsions : les deux députées PS d’Arras, le MoDem 62, Europe Écologie, le NPA, le Front de gauche. Ils épauleront sans doute le réseau national « Stop aux expulsions de logements » (RéSEL) créé par une bonne quinzaine d’associations de défense, dont la CSF, le DAL* Il a désormais une déclinaison locale. Ainsi en a décidé l’assemblée du jour. « Des belles paroles, c’est bien, des

actes, c’est mieux. »

Prévention expulsions et toute alerte aux conditions de logement : 0810 001 005

& 03 21 22 80 82.

vdn

Tous, a- Région