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Les enfants des mal-logés

03/02/2010
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« Les enfants des mal-logés sont les sacrifiés de l’avenir» 

Revenons d’abord  sur ce qui a été écrit hier (tout le monde parle du logement) : Nous sommes malheureusement persuadés que les hommes politiques vont parler plus du logement en ce moment car –nous l’avons dit- il y a des élections bientôt.
De plus personne ne pourra faire, cette année, l’impasse sur la fin de la trêve hivernale qui a lieu le 15 mars. Comme les élections ont lieu le 14 et le 21 … vous voyez ce que cela signifie.
Gageons que, fin mars, on ne parlera –dans les médias, chez les élus- plus beaucoup de logement.

COMME D’HABITUDE !

Sinon, cela sera Noël avant l’heure !

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De nouveau commentaires sur le rapport du mal-logement

L’association Droit Au Logement (DAL) dénonce une politique du logement « délaissée» .

Ils sont plus de 10 millions à être mal logés et parmi eux, 600 000 sont des enfants. C’est ce que révèle le 15e rapport annuel de la fondation sur le mal-logement paru ce lundi. « En matière de politique d’hébergement de la famille, la France est en dessous de tout» , analyse Jean-Baptiste Eyraud, président de l’association du DAL. « Nous avons prévenu Christine Boutin à plusieurs reprises, mais elle n’entend rien. Depuis vingt ans, l’Etat laisse de côté la construction de grands logements sociaux et très sociaux pour les familles» , ajoute-t-il.

Les enfants mal-logés sont pourtant, selon Jean-Baptiste Eyraud, les premières victimes de cette politique: « L’association s’occupe beaucoup de familles mal-logées. J’ai constaté que les enfants âgés de 0 à 12 ans sont ceux qui ressentent le plus le mal-être de cette situation, et qui en gardent des blessures autant psychologiques que physiques.» 

« Une logique de fichage» 

A ce constat alarmant s’ajoute « une logique de fichage. Dès la maternelle, les enfants de mal-logés sont stigmatisés depuis la mise en place du suivi informatique. Ils sont alors considérés comme des cas sociaux, sans que personne ne se préoccupe du pourquoi. La société arrive à les rendre coupables de leur situation,»  déplore Jean-Baptiste Eyraud.

Il en arrive à une conclusion: « Il est évident que la politique du logement des familles est liée au souci sécuritaire. Il y a aujourd’hui une volonté de l’Etat de tracer les individus dès leur naissance et de traquer les futurs délinquants potentiels.» 

Le président du DAL regrette qu’» il n’y ait plus de secrets sur le parcours des individus, notamment des enfants. Tout est informatisé. Un enfant de mal-logé va être signalé à l’assistante sociale qui ne pourra rien faire à part noter des troubles du comportement

L’express

Tous, c- Presse

Habitat du Nord : çà cartonne

03/02/2010
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Après la secrétaire générale, la déléguée syndicale ! Carton cartonne !

Nous vous avons rendu compte de la répression antisyndicale menée par le président de la société Habitat du Nord, l’improbable « socialiste » Bernard Carton !

http://dutron.wordpress.com/2009/12/05/en-passant-par-l%E2%80%99avesnois-ou-il-s%E2%80%99en-passe-de-belles-l%E2%80%99affaire-habitat-du-nord/

Aujourd’hui, le triste bougre récidive ! Il menace de FAUTE LOURDE la déléguée syndicale.

Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle, la liberté de la pensée, la liberté du travail… Disait Jean Jaurès…

Chez Habitat du Nord, la première liberté accordée à ses salariés est celle de se taire !

Se taire, ne surtout jamais vouloir lever le poing sous ce régime cartono-totalitaire ! Ha dérive néolibérale quand tu nous tiens !

Bienvenue à Cartoon Land au cœur de la dictature et de ses Mickey !

Nous vous parlions déjà de cette société d’HLM en carton il y a quelques semaines, et bien, le totalitarisme a encore sévi… Pirouette, cacahouète !!!

Notre amie, Jessica, Déléguée Syndicale CFDT s’est vue reprocher d’outrepasser sa liberté d’expression… Ayant répondu à son devoir d’alerte et d’information, soucieuse du bien-être et de la bonne étiquette de la société qui l’emploie, la voilà, elle aussi, sur la sellette ! Après la secrétaire générale, la déléguée syndicale… Ca houle, ça houle… Monsieur le Président du Directoire serait-il amateur de Rodéo !

Rappelons donc à ce Tsar d’origami les inscriptions gravées à jamais sur le papyrus des droits de l’homme :

-      Article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme : «Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.»

-      Article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Nous retiendrons aussi une jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme du  21 janvier 1999 :« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique ».

Faut-il en déduire que la société d’HLM Habitat du Nord n’est pas une société démocratique en notre si belle République Française ??? Je vous pose la question mes amis lecteurs…

Mais revenons à nos moutons, noirs, cela va de soi, de ces satanés syndicats. Comment une entreprise peut-elle imaginer, concevoir, qu’un jour un délégué syndical osera diffuser un tract ? Ô misère !  Et oui, notre amie a outrepassé ses droits…

Imaginez : déléguée syndicale, elle a osé établir un tract !!! Quelle honte ! Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi… Qui plus est dans une boîte où la paix sociale est au maximum, vous l’imaginez…

Et, ô Seigneur encartonné, elle a même récidivé !!!

Réfractaire, va ! A mauvais élément : châtiment… Notre DS reçoit une convocation à un entretien préalable à une éventuelle sanction pouvant aller jusqu’à la faute LOURDE !

Tu m’étonnes ! Elle a osé dénoncer la lourdeur de certaines situations… Voyez un peu le titre de son dernier tract : « La SSE CFDT – HABITAT DU NORD est (ré)active, mais pas dupe ! »

Oups ! Revoilà notre DUP !!! Délégation unique du personnel toute puissante qui a perdu son pouvoir de négociation direct avec la direction…. Ahhhh !  C’est  pas bien, ça !

Nous vous appelons donc aujourd’hui à réagir à cette nouvelle pratique de répression syndicale et

vous invitons à signer la pétition de soutien à la Déléguée Syndicale CFDT, menacée de sanction, voire de licenciement pour faute lourde…

http://www.mesopinions.com/Repression-syndicale-au-sein-de-la-SA-d-HLM-HABITAT-DU-NORD—Acte-II-petition-petitions-28177f8843001c65f8aa8e96748ce735.html

http://dutron.wordpress.com

Tous, c- Documents

Hôtel, marchands de sommeil

03/02/2010
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« Nous avons connu les hôtels bon marché, les marchands de sommeil…» 

Selon le rapport 2010 de la Fondation Abbé-Pierre, 3,5 millions de Français sont mal-logés et plus de six millions sont affectés moins directement. Témoignages d’internautes du Monde.fr mal logés ou ayant connu une situation de mal-logement.

Expulsés de notre HLM, par Eliane D.

En mars, nous avons été expulsés de notre d’un HLM pour dettes de loyers d’environ 2 000 euros. Les premières nuits furent réglées par la mairie, en changeant d’hôtels en hôtels. Nous avions très peu d’affaires, des biens de première nécessité, comme des savonnettes, pour rester digne, et bien sûr de la nourriture essentiellement du pain du pâté. Au bout de dix nuitées, la mairie nous informe que c’est terminé, sans pour autant vous proposer un relogement, alors que nous avions, à tort, signé le contrat loi Borloo qui stipule un relogement. Nous avons connu les hôtels bon marché, les marchands de sommeil, y laissant un peu de notre dignité. Nous payions plus de 1 000 euros de loyer par mois, le salaire de ma fille, auxiliaire de vie dans une maison de retraite, ne suffisait pas.

Nous nous sommes sentis jugés par les autres, et même par les services sociaux. Ma fille aînée m’a prise chez elle, j’ai dû quitter mon pays car elle est mariée à un étranger. Quant à ma fille et son ami, une mairie leur a enfin proposé au bout de 2 ans de galère un hébergement assuré par une association.

Je squatte chez des amis, par Jean-Michel L.

Le mal-logement, tel que vous le nommez n’est pas qu’un problème d’habitat vétuste ou d’entassement de plusieurs personnes dans des surfaces ridiculement petites. Personnellement, je n’ai plus de toit depuis bientôt 10 mois. Alors, je « squatte»  comme on dit. Je me débrouille avec des amis qui ont la gentillesse de m’héberger quand ils le peuvent, parfois en le cachant à leurs proches, à leurs amis. Sinon, reste toujours ma voiture. Le plus difficile lorsque l’on est « hébergé»  réside dans cette intrusion dans la vie privée des autres alors que la notre n’existe pratiquement plus. Cela ressemble étrangement à une situation de « double-contrainte»  où quoi que l’on fasse, on a tort.

Le rapport à l’autre explose parce que l’on se sent mal dans sa peau, parce que l’on ne se sent pas à sa place. Et tout devient complexe, surtout au niveau des « échanges» , car on se ferme chaque jour un peu plus. Alors lorsqu’on cherche du travail ou un logement, on porte sur soi une espèce d’odeur de poisse qui fait que rien ne nous sourit parce que dans ces situations-là, il est difficile de se sourire à soi-même. J’ai un toit provisoire sur la tête et je témoigne : la semaine prochaine retour dans ma voiture.
J’ai 41 ans heureusement sans enfant, sans emploi, sans logement alors que diplômé universitaire, ayant travailler et tentant de terminer un doctorat en SIC. C’est comme ça.

Trop riche pour être aidée, trop pauvre pour tout payer ! par Adèle G.

Licenciée un mois après la fin de mon congé maternité (délai légal), après avoir passé 4 ans à un poste de responsable dans un grand groupe, je me suis retrouvée au chômage, mère célibataire, et endettée jusqu’au cou (conséquence directe de mon licenciement).  En attente d’un jugement aux prud’hommes, pas avant de nombreux mois, je vais devoir me séparer de mon logement (locatif privé), mes charges fixes mensuelles étant supérieures à mes allocations chômage et CAF. Les aides étant calculées sur les revenus antérieurs de 2 ans, on m’a répondu bien sûr que je gagnais trop d’argent !

Il m’a toujours été très difficile de trouver un logement (toujours le problème du garant), mais là je dois carrément aller habiter chez quelqu’un : trop riche pour être aidée, trop pauvre pour tout payer ! La classe moyenne, je connais, j’ai grandi dedans, mais je vois une nette dégradation des conditions de vie entre la génération de mes parents et la mienne.  Autrefois nous nous sentions déjà un peu pris au piège d’une classe « bâtarde» , ni vraiment riches, ni vraiment pauvres, nous vivions correctement mais payions beaucoup d’impôts; aujourd’hui je me sens tirée vers le bas, je ne me plains pas de payer trop d’impôts, mère célibataire au chômage j’en suis exemptée, mais je me demande comment je vais vivre dans quelques mois, devant choisir entre rembourser des crédits ou payer un loyer.

Pas logé, par Thierry C.

Un jour, j’ai croisé un SDF qui me demandait quelque argent pour manger. Après avoir exprimé mon énervement, je me suis surpris à lui dire : « vous savez moi je travaille, mais je n’ai pas non plus de logement, même si je ne suis pas à la rue» .  Sa réponse m’a sidéré : « moi aussi je travaille» .  Aujourd’hui travailler ne protège plus de la pauvreté. Pire, on passe parfois des années à chercher un toit. Travailler pour vivre ? A tout cela sans doute, il ne faut rien dire. Il parait que c’est « normal» .

Etre mal logé joue sur les résultats scolaires, par Hélène K.

Pendant dix ans, mes parents ont renouvelé leur demande de logement dans une petite ville de banlieue communiste d’île-de-France. Nous étions tous scolarisés et dormions à cinq dans une chambre. La proviseur de mon lycée n’a eu de cesse de me décourager de poursuivre des études, considérant que je devais gagner ma vie rapidement compte tenu de la situation de mal-logement que nous subissions.

Aujourd’hui la situation a évolué, mais, je reste très vigilante. Avoir un toit en France est un véritable problème dans les centres urbains, près des transports, près des bonnes écoles, c’est aussi un facteur d’injustice sociale. C’est un problème que les pouvoirs publics refusent de prendre au sérieux. En effet, permettre la défiscalisation pour des programmes de logement dans des villes où il n’y a pas de travail, ce n’est pas de l’aménagement du territoire, c’est de l’incitation financière. Permettre la defiscalisation sur des programmes immobiliers dont les prix sont surestimé, c’est permettre à certains de se constituer une épargne mais pas aux plus modestes de payer leur logement.

A l’hôtel pour 2 250 euros par mois ! par Estelle B.

Avec mon mari et mes trois enfants, nous avons été expulsés cet été. On nous a relogés à l’hôtel pour 600 euros par mois, mes enfants et moi. Le conseil général paie le reste, soit 1 650 euros, ce qui fait en tout 2 250 euros par mois. A ce prix là, on pourrait payer le loyer d’au moins quatre logements sociaux. Mon mari dort ailleurs, car s’il était pris en charge, le prix du loyer serait différent mais la surface reste la même.

On a envoyé un dossier dit « dalo»  il y a 4 mois. Toujours pas de numéro d’attribution pour que notre dossier passe en commission, ils sont surchargés. L’Etat dit que la commission doit donner une réponse dans un délai de six mois pour avoir un numéro. Mais ensuite il faut encore attendre au moins 1 an tellement il y a de demandes.

Alors que fait l’Etat ? il vote des lois, mais les lois ne sont pas appliquées correctement. Madame Boutin disait pas d’expulsion sans relogement. Où en est cette réglementation ? Le maire de ma ville ne peut rien faire, il y a trop de demandes, le conseil général pareil, la préfecture toujours pas de réponse…

Une insécurité permanente, par Shamine

Ceci est un appel au secours. Je suis arrivée dans un logement type F4 en Janv 2004 qui me paraissait agréable. J’occupais alors un poste d’hôtesse au Comptoir à l’Aéroport Charles de Gaulle. Cet appartement situé dans un HLM de Gonesse fût jusqu’à ce jour un véritable calvaire. L’insécurité est permanente. J’ignorais avant d’atterrir dans cet immeuble que des familles ayant des enfants drogués y logent depuis une vingtaine d’années. Notre hall d’immeuble était le rendez-vous des drogués et des jeunes délinquants du quartier.

En tant que Femme et seule, je n’ai pas pû résister plus longtemps car je fus même menacée par les jeunes drogués. Aucune suite n’a été donnée à ma demande déchange de logement déposée en 2005. Or mon contrat à l’Aéroport a rapidement pris fin et le loyer est trop cher pour moi…

30 m2 à trois avec des murs moisis : loyer 770 euros ! par Frédéric D.

Voilà déjà un an et demi que nous réclamons un logement HLM… Je suis père d’une petite fille de 15 mois, ma femme ne travaille pas, et je ne touche qu’environ 1 200 euros par moi en tant qu’auto-entrepreneur. Je n’ai pas droit au RSA sous prétexte que ma femme à un titre de séjour d’un an. Il lui faut cinq ans avec papiers sur le sol français (quel rapport avec le RSA ?). Bref, nous vivons une situation difficile et je ne sais pas si je vais pouvoir payer mon loyer encore bien longtemps.

L’adjoint au logement de ma ville nous dit que nous ne sommes pas en situation d’urgence, ceux qui dorment dehors le sont. Alors dormons dehors ! Mais ça ne marche pas car il faut être solvable pour bénéficier d’un HLM… Je suis solvable, puisque je paye mon loyer de 770 euros par mois ! Oui, mais je ne gagne pas assez pour bénéficier d’un HLM… je ne comprends plus : je croyais que les appartements HLM étaient destinés aux plus modestes. Bref, j’insiste et peut-être qu’un jour j’aurai ma baraque en bois sur les quais de seine…

A Paris, c’est le déclassement à tous les étages ! par Sophie P.

Seule, sans famille ni enfant, je suis censée vivre à Paris, ma ville natale, grâce à l’Allocation de solidarité spécifique (450 euros par mois) depuis cinq ans. J’ai du vendre mon appartement pour échapper à la rue et j’engraisse maintenant une famille de rentiers pour un loyer de… 800 euros. La loi du marché « parisien»  dopé par les bobos de province venus faire carrière à Paris avec l’aval financier de papa/maman… Je refuse de quitter ma ville sous prétexte que j’ai perdu mon travail.

Comme tout le monde accepte de bosser pour le SMIC, comment payer un loyer parisien autrement qu’en dilapidant son maigre capital ? Dossier HLM sans évidemment sans aucune réponse depuis des années. Car le logement « social»  est géré comme un parc pour rentiers : on garde le peu de logements pour les amis, les véritables demandeurs n’ont qu’à dégager de la capitale.

Des salariés modestes acceptent sans broncher de se délocaliser et ont des vies d’enfer avec 4 heures de trajet par jour… Une aubaine pour les patrons qui tiennent à leur merci une main d’oeuvre complètement soumise. Des centaines de milliers de m2 vides, des « grandes»  familles qui se gavent… et nous crevons !

Maintenant, je vis en Allemagne, par Frédéric G.

Pendant mes (chères) études, j’étais logé en citée universitaire. J’ai étudié à Toulouse, dans une école d’ingénieurs. J’étais boursier. Et je logeais en citée universitaire. C’est sûr, j’avais un lit… mais il faut voir dans quelles conditions : insécurité, anonymat, bruits, incivilités, sanitaires sales…

Après mes études, pour mon premier job (un CDD en temps partiel chez EDF), je n’ai pu me payer qu’un appart non isolé, avec de la moisissure partout, mal chauffé, froid et très cher… la galère. Maintenant, je suis plutôt content, je n’habite plus en France mais en Allemagne où l’on n’a pas oublié le sens du mot « qualité» . Qualité du logement bien sûr, mais aussi qualité de vie qui est en voie de disparition en France.

Un cas perdu dans les statistiques, par Anca D.

En 2002, je suis arrivée à Paris dans un petit studio de 17m2 du 8e arrondissement de Paris (550 euro/mois) où j’ai vécu avec mon compagnon (artiste et enseignant), puis avec son fils aîné et notre fils à nous, pendant 7 ans. Quatre personnes vivant et parfois même travaillant dans une seule pièce – pas tout à fait dans les normes, en plus… Le grand a actuellement 10 ans, le petit, 5 ans, et nous, nous sommes déjà séparés. Nos demandes de relogement, périodiquement renouvelées (en mairie d’arrondissement, préfecture, ministère de la culture, etc.) n’ont rien donné. On a été toujours « prioritaire» , mais pas éligibles (soit un de nous se trouvait au chômage, soit, avec nos deux smics cumulés, on n’avait pas le montant obligatoire de ressources pour l’attribution d’un HLM ou d’un atelier-logement).

Actuellement, en tant que mère seule habitant avec son enfant dans ce même studio, j’apprends, de la part des services sociaux, que je ne suis nullement une urgence, car « on a vu pire que vous, madame» , et me reloger dans le privé m’est, pour l’instant, impossible… Combien d’enfant grandissent comme le mien, et combien de mères prennent beaucoup sur elles, jour après jours ?

Loyers pharaoniques, logements indignes, par Olivier K.

Je vis à Boulogne-Billancourt dans une barre d’immeuble initialement construite pour les ouvriers en 1930. Propriété de la « France Mutualiste»  pendant des décennies, l’ensemble a été revendu à Restaura, spéculateur Espagnol en 2004. Quelques coups de pinceaux plus tard, les loyers ont été multipliés par deux ! Mais les infrastructures, les parties communes et les nuisances sont elles, toujours de 1930. Inondations à répétition, électricités non conformes, rapport alarmant des pompiers, rien ne semble faire bouger les nouveaux propriétaires qui, depuis 2009, sont la caisse des dépôts et consignation et sa filiale SNI. Organisme normalement à vocation sociale, la SNI se montre pire qu’un groupe privé comme Restaura et ne veut rien entendre des dégradations, malfaçons et nuisances de ses locataires payant plus de 26 euros le m2 et menace d’un huissier le moindre retard de paiement !

Ce n’est peut être pas l’exemple le plus dramatique concernant le logement en France mais il est significatif du malaise de la majorité de la population qui, pour plus de la moitié de leurs salaires, n’ont d’autres choix que de vivre dans des conditions dignes de pays en voie de développement. Quand on est stressé de rentrer chez soi à cause du bruit des voisins ou qu’on ne sait pas si un incendie ne va pas se déclencher dans les armoires électriques chaque nuit pour un prix exorbitant, nul besoin de se demander pourquoi les fractures entre concitoyens sont si graves dans notre société.

Le monde

Tous, c- Presse

Hausse des loyers

03/02/2010
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La facture sociale ? La fracture sociale ? Ou les deux ?

La Fondation Abbé Pierre dénonce l’explosion du coût du logement qui touche les ménages les plus modestes.

Longtemps révélateur de disparités sociales, le logement est devenu au fil de la dernière décennie le «générateur» de «nouvelles inégalités» pointe le rapport sur «L’état du mal-logement en France» de la Fondation Abbé Pierre, rendu public aujourd’hui. Inégalités d’accès au logement tout d’abord, sur fond de précarité économique : les bailleurs exigent des revenus solides et pérennes, alors que l’emploi se précarise. Et aussi inégalités de maintien dans le logement. «La progression limitée des revenus génère des fragilités […] et une insécurité résidentielle nouvelle» pour les catégories modestes ou même moyennes, pointe le document. Les dépenses contraintes liées au logement (le loyer mais aussi le chauffage, l’électricité, l’eau…) se sont envolées au cours des dix dernières années. Ces postes vampirisent «en moyenne 48%» du budget des «ménages aux revenus les plus faibles». Toutes catégories sociales confondues, le logement est devenu le premier poste de dépenses, loin devant l’alimentation, l’habillement ou les transports. Il représente en moyenne 26% des dépenses d’un foyer.

Le budget moyen que consacrent les ménages français pour se loger «est passé de 7 890 euros par an en 2002 à 9 700 euros en 2007», souligne la Fondation. Soit «une augmentation de 23%» nettement supérieure à l’inflation. D’où une montée en flèche des impayés de loyers. Avant même que la crise financière ne survienne, 1,7 million de locataires (sur 11,6 millions) indiquaient, en 2006, avoir connu au moins une fois des difficultés à payer leur loyer au cours des deux années écoulées.

«Marges». Mais, avec la crise de l’automne 2008, la Fondation Abbé Pierre a commencé à repérer des signes annonciateurs de «difficultés encore plus grandes au cours des prochains mois». Ce constat établi par le rapport est confirmé par de nombreux bailleurs. «Nous avons constaté un petit décrochage juste avant l’été 2009, aussi bien en Ile-de-France qu’en province», a indiqué à Libération Yves Laffoucrière, directeur général de l’Immobilière 3F, l’un des plus importants organismes de HLM de France (144 000 logements dans 9 régions). Le taux de recouvrement des loyers dans sa société a baissé de près d’un point en 2009 (98,3% de recouvrement contre 99,2% en 2008). A l’échelle de sa société cela fait 1 400 locataires de plus qui ont éprouvé des difficultés de paiement l’an dernier. «Les gens ont peu de moyens. La crise laisse peu de marge dans les budgets des ménages», constate le dirigeant des 3F.«Pour passer un mauvais cap, les gens ont davantage recours au crédit. Mais, lorsque les difficultés persistent, ils se retrouvent confrontés au poids du surendettement», poursuit Yves Laffoucrière. Du coup, les budgets de ces familles virent au rouge.

Les bailleurs qui logent les ménages les plus modestes – 44% des locataires HLM appartiennent au quart le plus pauvre de la population (1) – ont mis en place des services chargés du suivi social, pour éviter que la dette locative ne devienne insurmontable. Et éviter à terme une expulsion. Ils interviennent «dès que les premiers signes d’impayés sont observés», affirme Pierre Carli, président du directoire du Groupe Logement français (75 000 HLM). Des aides publiques ponctuelles telles que le Fonds de solidarité logement (FSL) sont mobilisées pour aider à franchir un mauvais cap. «En intervenant très en amont, on réussit à maintenir dans leur logement 75% des locataires en butte à des difficultés», dit-il. Mais la réalité est bien là : au Logement Français on constate aussi une «petite baisse du taux de recouvrement des loyers en 2009, avec des difficultés particulières dans le Var ou les Bouches-du-Rhône. Ce sont des territoires qui peinent à se remettre de la fermeture des chantiers navals», souligne Pierre Carli.

La Confédération nationale du logement (CNL), une association de défense des locataires, met en exergue une hausse des impayés liée au montant des charges qui ont beaucoup augmenté.«Lors de la mise en location, pour éviter d’afficher un total dissuasif du loyer et des charges, les bailleurs minorent le montant des charges. Mais, quand ça tombe, beaucoup de locataires n’arrivent pas à suivre», affirme Alexandre Maudet, juriste à la CNL-Paris.

«Rotation». Ce dernier observe également le développement d’une précarité très générationnelle. «Le mouvement de rotation des jeunes dans le logement va de pair avec la précarité de leurs emplois en CDD ou en intérim.»A la fin de leur contrat de travail et faute de trouver un autre emploi, «beaucoup de jeunes qui avaient accédé à l’autonomie quittent leur logement. Ils retournent vivre chez leurs parents ou se font héberger par des amis. Ils devancent le fait qu’ils ne vont plus être en mesure de payer leur loyer.»

(1) Le quart de la population la plus pauvre dispose de moins de 930 euros net mensuels pour une personne vivant seule.

Le monde

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