Il fallait s’y attendre : après le rapport de la fondation Abbé Pierre, les grands élus y vont de leur proposition : Aubry, Désir, Laurent, Bayrou, Duflot et Apparu.
Entre parenthèses, on n’a pas vu la réaction du parti de gauche.
Chacun émet des idées intéressantes. Chacun dit son mot parce qu’il ne peut pas faire autrement.
Surtout qu’il y a des élections dans moins de six semaines ! Bien entendu, au niveau gouvernemental, l’idée de racheter des logements vacants est à étudier ; il est à craindre que l’on ne se retranche derrière la droit à la propriété privé pour ne rien faire … ou presque. C’est déjà ce qui se passe dans le domaine du logement indécent : beaucoup de règlements existent mais ne sont pas appliqués.
Nous irons faire un tour sur ce que nous proposent les équipes qui se présentent. Nous verrons certainement des envolées (langue de bois) sur l’emploi, la santé, l’éducation, la recherche, la justice. Cela surprendrait que l’on parle beaucoup du logement. Ce serait un miracle si on lisait que la France doit faire du logement une priorité nationale … et qu’on l’applique.
Il ne faut pas non plus oublier que 20 régions ont été dirigées par les équipes de gauche depuis au moins 5 ans.. Mais le bilan de ces cinq années n’a pas été fait … encore moins dans le domaine qui nous intéresse.
Maintenant, tout le monde veut bien promettre. Reste à passer à l’application !!!!
Passons aux déclarations de certains « responsables » politiques.
Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, a affirmé lundi que la France devait faire du logement « une priorité nationale» , intervenant parmi d’autres personnalités politiques devant la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.
« Quand va-t-on en faire une priorité ? On a besoin de 8 à 900.000 logements sociaux en France. On sait bien qu’on ne le fera pas comme cela» , a-t-elle dit à la Grande Halle de la Villette (Paris 19e), lors de la présentation du 15e rapport annuel de la Fondation.
« Ce n’est pas normal qu’il y ait 11 milliards, un tiers du budget du logement, aujourd’hui vers la défiscalisation de ceux qui achètent des logements. Il faudrait mettre cet argent pour aider à l’acquisition du foncier et la création de logement social» , a affirmé la maire de Lille.
Pour l’ancien numéro deux du gouvernement Jospin, « nous avons tous échoué sur le logement, la droite comme la gauche» .
« Le logement c’est un droit fondamental et on continue à mener une politique dont le levier principal est le marché avec la loi de l’offre et de la demande» , a lancé au cours d’un débat, Harlem Désir, secrétaire national du PS et député européen.
Le numéro 2 du PCF Pierre Laurent, a de son côté déclaré qu’il fallait « augmenter les pénalités» à l’encontre des maires qui ne respecteraient pas la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) imposant un quota de 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants.
Soulignant pour sa part qu’» y a beaucoup de surfaces récupérables» , le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou, s’est demandé s’il n’y avait pas « trop de normes» , suggérant ainsi un assouplissement du marché locatif.
Une « idée hors pensée unique» qu’il a aussitôt retirée face aux protestations de la salle, dénonçant la multiplication des « logements indécents» qu’entrainerait un assouplissement des normes.
Pour la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, le logement est « un problème de société» qui pose « la question du partage des richesses» . « Une des réalités du problème est l’augmentation très importante du coût du chauffage des logements» , a-t-elle également souligné.
Apparu favorable au rachat des logements vacants en Ile-de-France
Lors de la présentation du 15e rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé-Pierre, lundi 1er février, le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, doit proposer le rachat par l’Etat des logements vacants en Ile-de-France. M. Apparu, qui n’est pas favorable à une politique de réquisition, propose que ce « levier» soit utilisé dans la région capitale, où le manque de foncier pénalise la construction de logements sociaux.
Il s’engage à travailler avec les organismes HLM à un « vaste programme de rachat des logements vacants pour créer une offre pour les plus modestes» . Les associations pourraient assurer la gestion de ce nouveau parc.
On estime qu’il existe entre 1,8 et 2,5 millions de logements vacants en France, dont 300 000 en Ile-de-France. Paris en compterait 130 000.
Pour Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, « cette proposition est un premier pas» . Mais, souligne le délégué général, « pour que cette mesure soit efficace, il faut que les propriétaires de logements vacants soient incités à vendre» .
La fondation défend un élargissement de la taxe sur la vacance à toutes les communes françaises. Seule une partie des agglomérations de plus de 200 000 habitants est aujourd’hui concernée.
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Pour ceux que cela intéresse, vous pourrez lire, en date du 20 janvier, un commentaire d’un « vrai lillois » qui a sa version sur la pratique du logement à Lille. Cela fait suite à l’article que nous avions publié à propos des priorités de M Aubry pour 2010 : Emploi et logement. A LIRE ABSOLUMENT.
Voici le début de la déclaration :
Je tiens absolument à réagir à cette déclaration d’Aubry car ce qu’elle dit est en total contradiction avec ses actes. J’habite la ville de Lille dont elle est maire et force est de constater que dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin de nombreuses maisons appartenant à la ville, acquises d’ailleurs en usant et abusant du droit de préemption parfois pour un prix modique, sont inoccupées depuis des années. J’ai moi-même fait une demande de location pour l’une de ses maisons auprès d’Aubry et elle me l’a refusé…
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