Les annulations DALO
Attention au recours en annulation du préfet !
L’Etat est de plus en plus dans l’impossibilité d’assurer le logement ou l’hébergement de personnes déclarées prioritaires par la commission de médiation. L’issue pour l’administration peut être de contester la légalité des décisions favorables rendues par la commission de médiation. Les praticiens mettent en garde contre ce contentieux de l’annulation qui permet au préfet de se soustraire à l’injonction du juge du DALO.
Le préfet peut légalement déposer un recours en annulation contre une décision favorable de la commission de médiation. Dans le cadre de situations très tendues sur le plan du logement, c’est même dans son intérêt !
La légalité d’une décision de la commission de médiation ne peut pas être jugée par le tribunal administratif lors du contentieux DALO. Autrement dit, dans le cas où la personne bénéficiaire d’une décision favorable de la commission de médiation n’a pas été relogée dans le délai de six mois, lors de son action contentieuse, le préfet en défense ne peut exciper de l’illégalité de la décision de la commission de médiation.
En effet, aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du Code de la Construction et de l’habitation, le juge doit ordonner le logement ou l’hébergement du demandeur dès lors qu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire et doit être satisfaite d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités.
C’est ainsi que le juge doit être regardé comme agissant en juge de l’exécution de la décision de la commission de médiation qui a reconnu un droit à une personne et non en juge de la légalité.
De ce fait, le représentant de l’Etat ne peut, dans le cadre du recours DALO « ni demander l’annulation, par la voie d’une demande reconventionnelle, ni exciper de l’illégalité de la commission départementale de médiation ».
C’est ainsi que le représentant de l’Etat, s’il estime que la décision de la commission de médiation est entachée d’illégalité, peut d’exercer à son encontre un recours pour excès de pouvoir aux fins de demander l’annulation de la décision.
En cas de décision favorable de la commission de médiation et d’impossibilité au préfet d’assurer le logement de personnes déclarées prioritaires, il est ainsi probable que le préfet use de ce contentieux de l’annulation pour se soustraire à l’injonction du juge DALO.
La loi DALO est critiquée pour son inapplicabilité. Ce spectre du recours préfectoral contre les décisions favorables des commissions de médiation risque d’ajouter une difficulté supplémentaire dans ce parcours du combattant des personnes éligibles au DALO.